Communiqué de presse | PRIX DES BOIS SUR PIED EN FORÊT PRIVÉE : UN RECUL DE 4% EN 2025 APRÈS LA HAUSSE DE 2024
Dans le cadre de son Observatoire économique, France Bois Forêt, l’interprofession nationale de la filière Forêt-Bois, publie l’indicateur 2026 du prix de vente des bois sur pied en forêt privée, établi à partir des prix constatés en 2025. Cet indice de référence, produit par La Forestière, l’ASFFOR (Association des Sociétés et Groupements Fonciers et Forestiers) et les Experts Forestiers de France, met en évidence une baisse de 4 % en 2025, après une hausse de 7 % en 2024. Le prix moyen du bois d’œuvre, toutes essences confondues, s’établit ainsi à 86 €/m³ en 2025 contre 90 €/m³ en 2024
Un contexte économique peu porteur
L’année 2025 a été marquée par des tensions internationales et un ralentissement de l’inflation nationale (0,9 % selon l’INSEE, contre 2 % en 2024 et 4,9 % en 2023). Le marché de la construction immobilière, important consommateur de bois, a connu un début de remontée en 2025 mais reste à un niveau inférieur à celui des cinq dernières années. À l’inverse, les activités de rénovation, d’extension et de surélévation soutiennent la demande en matériau bois. Par ailleurs, les investissements publics ont reculé à l’approche des échéances électorales.
Une année 2025 marquée par des dynamiques différenciées
Plusieurs tendances structurantes ont marqué le marché :
• Une demande soutenue en bois résineux, notamment pour la charpente.
• Une remontée très importante des prix des résineux blancs (sapins, épicéas), en raison de l’augmentation de la demande de la part d’autres pays, notamment l’Allemagne et ceux d’Europe de l’Est, dont la ressource est en nette baisse après les récoltes massives de bois scolytés ces dernières années.
• Une baisse des prix des feuillus (chêne, hêtre, châtaignier…) suite à la baisse de la demande et à la concurrence mondiale.
• Un attrait confirmé pour le Douglas, avec une progression de 4% par rapport à 2024.
• Une hausse des prix des pins, portée par un report de la demande des scieries qui ne trouvent pas de volumes suffisants en bois blancs ou en Douglas à des prix modérés.
• Des perturbations des échanges internationaux liées à la mise en place de droits de douane nord-américains, générant à la fois des contraintes et de nouvelles opportunités d’export de grumes et de sciages (Espagne, Portugal, Maghreb, Asie, Royaume-Uni). Dans ce contexte, le recul de 4 % de l’indice général efface l’embellie observée entre 2023 et 2024, portée notamment par la demande européenne et mondiale.
Une offre ajustée sur un marché plus sélectif
Les ventes groupées des experts forestiers ont mobilisé un peu plus d’1,2 million de m³ de bois sur pied, un volume stable sur les quatre dernières années. Anticipant un contexte plus incertain, les propriétaires forestiers ont adapté leur stratégie de mise en marché. Cette adaptation concerne principalement les feuillus, davantage impactés par le contexte moins porteur de leurs marchés, et dont la baisse de volumes proposés à la vente est compensée par des volumes en hausse de résineux, comme le douglas ou le sapin. Les offres d’achat sont en légère baisse, avec 3,7 offres par lot en 2025 contre 4,2 en 2024.